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Photo : Nancy Vickers

MENU DES TITRES RECENSÉS
DEPUIS FÉVRIER 2021

#TOUS DEBOUT, roman d'Agnès Marot et Cindy Van Wilder :
29 mai 2021
50 pays du monde, atlas de Ben Handicott et Kayla Ryan :
3 avril 2021
1000 pages pour ne plus vous ennuyer aux WC, tome 2, compilation d'Annie Pastor :
21 février 2021
Abeilles, une histoire naturelle, essai de Noah Wilson-Rich :
2 avril 2021
Acadissima, roman de Jean-Louis Grosmaire : 7 mars 2021
Aller aux fraises, nouvelles d'Éric Plamondon : 2 août 2021
Au nord de ma mémoire, poésie
de 
Mattia Scarpulla : 10 juillet 2021
Auprès des jumelles Dionne, roman de Shelley Wood : 21 avril 2021
Bienvenue à Gomorrhe, roman de Tom Chatfield : 4 mars 2021
Brève histoire de la Révolution tranquille, essai de Martin Pâquet
et Stéphane Savard : 18 avril 2021
Brûlé, tome 1, Premier degré, roman d'Isabelle Roy : 17 avril 2021
Ce qu’il nous reste de Julie, roman de Sébastien Didier : 18 juillet 2021
Chasseur au harpon. Un long récit de Markoosie, roman de Markoosie Patsauq : 21 mars 2021
Dans le secret des voûtes, tome 1, « Le trésor des augustines »,  roman de Josée Ouimet :
25 mars 2021
Dans le ventre du Congo, roman
de Blaise Ndala : 14 février 2021
Dans les pas d’une poupée suspendue, roman de Frédérick Durant : 22 février 2021
Des bières et des femmes, roman de Julie Myre Bisaillon : 17 mai 2021
Eaux troubles et autres embruns, nouvelles de Camille Deslauriers : 11 juillet 2021
Emily Stowe, militante féministe, biographie par Sonia K. Laflamme : 22 avril 2021
Entre solitudes et réjouissances.
Les francophones et les fêtes nationales (1834-1982)
, essai sous la direction de Joel Belliveau et Marcel Martel : 9 avril 2021
Et toi, la famille ?, album de Charlotte Bellière : 3 juillet 2021
Fake news, le vrai, le faux et
la science
, essai de 
Jean-François Cliche : 28 novembre 2020
Fausses routes, roman de Sophie Laurin È 15 juin 2021
Fif et sauvage, poésie de Shayne Michael : 9 mars 2021
Filibuste, roman de Frédérique
Côté : 10 juin 2021
Fragments d’ici. 25 récits pour (re)découvrir le Québec, récits
de Garry Lawrence : 10 mais 2021
Happy Family, nouvelles de Kathleen Collins : 10 avril 2021
Incendie nocturne, roman de Michael Connelly : 3 décembre 2020
J’ai 7 ans, récit de Laurent Dutheil : 20 juin 2021
Jonas, roman de Lily Arcœur :
16 avril 2021
KITSCH QC, Restaurants, bars-salons et autres lieux dépaysants : histoire d’un patrimoine méconnu,  essai
de 
Roxanne Arsenault et Caroline Dubuc : 9 mai 2021
L’Analphabète, récit auto-biographique, d'Agota Kristof :
20 juillet 2021
La morve au nez, album d'Orbie : 26 mars 2021
La Pension Caron, tome 3, Grands drames, petits bonheurs, roman de Jean-Pierre Charland : 16 mars 2021
La Vie avant tout, tome 3, La vérité sans compromis, roman de Michel Langlois : 20 avril 2021
L’échéance, roman, de Raymond Cloutier : 19 mars 2021
L’Érable et la perdrix. L’histoire culinaire du Québec à travers
ses aliments
, essai d'
Elisabeth Cardin et Michel Lambert :
4 avril 2021
Le guide du zizi sexuel, de  Zep et Hélène Bruller : 29 novembre 2020
Le K ne se prononce pas, nouvelles de Souvankham Thammavongsa : 19 mai 2021
Le Larousse des premières découvertes, album d'Agnès Besson et Séverine Cordier : 8 mars
Le malaimant, roman de Michèle Vinet : 10 février 2021
Le musée des femmes assassinées, roman de Maria Hummel :
15 février 2021
 
Le silence des pélicans, roman
de J.L. Blanchard : 3 mai 2021
Les Collectionneurs d’images, roman de Joanès Nielson :
2 mai 2021
Les derniers romantiques, roman de Tara Conklin : 2 mars 2021
Les dessous prennent le dessus, roman d'Yves Plouffe : 4 août 2021
Les grands écrivains du Canada. Les lauréats des Prix littéraires du GG, compilation de Andrew David Irvine : 8 avril 2021
Les Grossièretés de Jacques Cartier, roman de Camille Bouchard :
20 mars 2021
Les oubliés, roman de John
Grisham : 24 mars 2021
Les voix du Chemin, récit de Gabriel Osson : 2 juillet 2021
Lettres quécoises, juin 2021 :
5 juin 2021
L’histoire sur mon visage, roman de Leanne Baugh : 18 mai 2021
L’ombre de Rosa, roman de Fernande Chouinard : 20 février 2021
Lifesaver, roman de Nick Christie : 31 mai 2021
Mortelle dédicace, roman d'Elly Griffiths : 19 juillet 2021
Né coupable, récit de Florence Cadier : 17 mars 2021
Niagara… la voie qui y mène,
essai de 
Nicole V. Champeau :
12 septembre 2020
On couche ensemble, roman
de Francis Juteau et Alice Lacroix :
30 mai 2021
Pas dire, roman Baptiste Thery-Guilbert : 11 mai 2021
Pédale ! roman graphique
de Ludovic Piétu : 4 mai 2021
Pollution plastique, documentaire d'Andrée Poulin : 15 mars 2021
Si c’était à refaire, roman de Marc Levy : 3 août 2021
Sous terre, roman de James Delargy : 4 juillet 2021
Tango, nouvelles de Daniel Castillo Durante : 30 novembre 2020
Tout va bien, roman de Nina LaCour : 3 mars 2021
Vignettes africaines : une enfance en noir et blanc, roman de Marie-Claude Hansenne : 12 juillet 2021
Zahra, roman de Soufiane Chakkouche : 16 février 2021

Bienvenue sur le site jaipourmonlire.ca !

Vous y trouverez surtout des recensions de livres franco-canadiens, québécois
et français, parfois des traductions d'ouvrages américains, britanniques., suédois ou islandais. À moins d'indication contraire, les articles sont rédigés par
le critique littéraire Paul-François Sylvestre (photo ci-contre).
La cinquantaine de titres recensés depuis février 2021 figure dans la colonne 
de gauche; ils sont présentés en ordre alphabétique, avec la date de publication.
Sur la page J'AI LU POUR VOUS, les recensions apparaissent de la plus récente jusqu'à la plus ancienne mise en ligne. La troisième page présente quelques COUPS DE COEUR au fil des mois. Bonne lecture !

COUP DE COEUR DE JUILLET 2021

Ce qu'il nous reste de Julie
roman de Sébastien Didier, Paris, Hugo Thriller, 2021.

Une profonde amitié ne meurt jamais ; encore plus que l’amour,
elle résiste au temps. Voilà ce qu’on découvre dans l’intrigue finement
ciseléedu roman Ce qu’il nous reste de Julie, de Sébastien Didier.
Du coup, le temps et l’amour apparaissent comme des ennemis inévitables.
Voir recension du 18 juillet 2021.
L'article ci-dessous, écrit pour l'Association de la presse francophone en décembre 2020,
est finaliste pour le Prix du meilleur article de l'année; le lauréat seradévoilé en septembre.

La littérature queer
est bel et bien sortie du placard

Le mot queer et l’acronyme LGBT sont aujourd’hui monnaie courante,
mais ils ont mis du temps à s’imposer du côté littéraire.
Une prof de littérature franco-ontarienne témoigne de cette réalité
qui a moins de cinquante ans.
Sylvie Bérard est professeure agrégée au Department of Modern Languages and Literatures (French Studies) de l’Université Trent à Peterborough. Elle donne un cours de littérature franco-ontarienne et un autre intitulé Question de genre, où on y traite, entre autres,
du concept «queer».
Celle qui se définit comme lesbienne queer est l’autrice du recueil Oubliez (Prise de parole), qui a remporté le Prix de poésie Trillium en 2018. Originaire de Montréal, elle enseigne
en Ontario depuis 1991. Elle avoue «son sentiment de ne pas être d’eux, ni d’elles, ni d’iels…».
Queer est le mot qu’elle a découvert sur le tard, à l’aube de la trentaine, et « qui résume
le mieux ce sentiment de ne pas totalement réussir à être comme il faut ». De son dire, queer n’est pas statique, n’est pas une entité, «mais activité, mode de rapport au monde».
Sylvie Bérard : « Les histoires queer ne se fantasment
ou ne se décodent plus seulement entre les lignes. » 
Le dire homosexuel
Le premier ouvrage homosexuel à paraître en Ontario français passe inaperçu. Il s’agit de deux nouvelles érotiques parues sous le titre Hermaphrodismes (Prise de parole) en 1975 et sous le pseudonyme Tristan Lafleur, derrière lequel se cache le prêtre jésuite Fernand Dorais, de Sudbury. La communauté achète et détruit tous les exemplaires.
Il faut une dizaine d’années avant que le dire homosexuel se fasse entendre, d’abord dans des mises en lectures de pièces, puis dans des romans un peu plus tard. Alain Bernard Marchand, d’Ottawa, publiera tous ses romans gais aux Éditions Herbes rouges, à Montréal où on est moins frileux vis-à-vis de l’homoérotisme.
Il n’a pas toujours été facile pour les auteurs et autrices de porter le drapeau arc-en-ciel (LGBT), alors que le milieu s’attendait à les voir plutôt arborer le drapeau franco-ontarien dès qu’ils ou elles prenaient la parole. «La situation a changé aujourd’hui et la jeune génération se sent pleinement à l’aise dans la sphère queer», note Sylvie Bérard.
De problème central à thème dominant
Selon la prof de l’Université Trent, «les histoires queer ne se fantasment ou ne se décodent plus seulement entre les lignes; les chapitres gais et lesbiens se sont plus censurés; les œuvres queer ne circulent plus sous le manteau ou dans des cercles fermés.» La sortie du placard est bel et bien réussie.
Il est vrai que, du côté de la littérature pour la jeunesse, les œuvres mettant en scène des personnages homosexuels, lesbiens, bisexuels ou trans ne sont pas encore légion. Il n’en demeure pas moins que la réalité queer n’est plus un problème central, mais désormais un thème dominant.
«C’est un plaisir de voir des livres publiés, de les voir recensés, commentés au grand jour, sans plus sentir cette petite gêne de la part des critiques littéraires», précise Sylvie Bérard. Elle nuance en ajoutant que, dans leurs représentations, les œuvres contemporaines demeurent «plus près des littératures homosexuelles que d’une problématique queer à proprement parler. Le genre y est très peu fluide et il est en fait assez binaire.»
Quelques titres récents chez des éditeurs franco-ontariens
Sylvie Bérard, À croire que j’aime les failles, poésie, Prise de parole, 2020.
Alain Boisvert, Mépapasonlà, roman, David, 2016.
José Claer, Mordre jusqu’au sang dans le rouge à lèvres, poésie, L’Interligne, 2019.
Pierre-André Doucet, Des dick pics sous les étoiles, roman, Prise de parole, 2020.
Paul-François Sylvestre, 69, rue de la Luxure, roman, Gref, 2004.
Gaston Tremblay, Souvenir de Daniel, roman, Nordir, 2013.
Hermaphrodismes, nouvelles, Prise de parole, 1975,
maquette de couverture : Diane Dauphinais. (Crédit : Gaston Tremblay)