www.pfsylvestre.ca
Photo : Nancy Vickers

MENU DES TITRES RECENSÉS
DEPUIS DÉCEMBRE 2019

300 raisons d’aimer Toronto, guide de Jean-Michel Dufaux : 24 février 2020
Antonin, roman de Samuel Champagne : 11 mars 2020
Des Franco-Ontariens inspirants – 25 coups de cœur d’une passionnée, essai de Danielle Carrière-Paris : 27 janvier 2020
Emily Carr: une artiste dans
la forêt
, album de 
Lyne Gareau :
29 mars 2020
Encyclopédie des animaux, album de Julie Howard : 9 février 2020
Engloutis ! album d'Émilie Vast :
17 février 2020
En savoir trop, nouvelles de David Bélanger : 26 janvier 2020
Essais cliniques aux laboratoires Donadieu, nouvelles de Louis-Philippe Hébert : 25 février 2020
Farida, roman de Monia Mazigh :
8 février 2020
Génération sandwich, roman de Hélène Koscielniak : 10 mars 2020
Impudique point ne seras, 
roman de 
Jean-Pierre Charland :
20 janvier 2020
Inacceptable, roman de Stéphanie Gauthier : 18 février 2020
La danse de l’aîné célibataire
ou la résistance des marges
,
essai de 
Jean-Pierre Pichette :
17 décembre 2019
La Petite Encyclopédie illustrée
des bébés animaux
, album de 
Maja Säfström : 19 décembre 2019
Le bleu des garçons, fictions, d'Éric LeBlanc : 14 mai 2020
Le jour se lèvera, roman de Gabriel Osson : 29 décembre 2019
Les baleines pleurent aussi, roman de Karine Boucquillon-Davidson : 28 décembre 2019
Le Survenant, roman de Germaine Guèvremont : 26 février 2020
Les belles histoires d’une sale guerre, récits d'Alain Stanké :
27 mars 2020
Les dépossédés du Vieux-Hull, récit poétique de Pierre Raphaël Pelletier : 18 mars 2020
Les voyages de la Liaison française 1949-1959, articles de Pierre Laporte : 19 janvier 2020
L’Inspecteur Dalil à Paris, roman policier de  Soufiane Chakkouche : 18 décembre 2019
Mariage et famille au temps de Papineau, essai de Serge Gagnon :
12 mai 2020
Merci, maman! album de Matt Cosgrove : 20 mars 2020
Perdue au bord de la baie d’Hudson, roman de Micheline Marchand : 28 janvier 2020
Petites annonces, haïkus libres de  Nicholas Giguère : 28 mars 2020
Poèmes de la Cité, poésie et arts visuels sous la direction d’Andrée Lacelle : 14 avril 2020
Pour qui je me prends, récit de Lori Saint-Martin : 19 mars 2020
QuébeQueer – Le queer dans
les productions littéraires, artistiques et médiatiques québécoises
, collectif s
ous la direction de Isabelle Boisclair, Pierre-Luc Landry et Guillaume Girard : 15 avril 2020
Racontez-nous l’Est ontarien, récits d'un collectif : 13 mai 2020
Résistances, mobilisations et contestations. L’Association canadienne-française de l’Ontario (1910-2006), essai sous la direction de Michel Bock et Yves Frenette : 10 février 2020
Serge Savard : Canadien jusqu’au bout, biographie par Philippe
Cantin : 18 janvier 2020
Sergent Billy, album de Mireille Messier : 12 mars 2020
Un automne noir, roman de Florian Olsen : 19 février 2020
Un homme meilleur, roman de Louise Penny : 13 avril 2020
Un village en trois dés, contes de Fred Pellerin : 27 décembre 2019
Le Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry, publié en 1943, a été vendu à plus de 145 millions d'exemplaires et traduit en 253 langues.

Coquineries livresques

On dit souvent que les gars lisent moins que les filles. J’ai la preuve
que les hommes fréquentent gaiement les bibliothèques.
C’est l’artiste russe Igor Sychev, maître du réalisme magique,
qui l’illustre dans « Forgotten
Pages Were Like Clothes » :

Bienvenue sur le site jaipourmonlire.ca !

Vous y trouverez surtout des recensions de livres franco-canadiens, québécois
et français, parfois des traductions d'ouvrages américains, britanniques., suédois ou islandais. À moins d'indication contraire, les articles sont rédigés par
le critique littéraire Paul-François Sylvestre (photo ci-contre).
La vingtaine de titres recensés depuis la mi-décembre 2019 figurent dans
l
a colonne de gauche; ils sont présentés en ordre alphabétique, avec la date
de publication.
Sur la page J'AI LU POUR VOUS, les recensions apparaissent
de la plus récente jusqu'à la plus ancienne mise en ligne. La troisième page présente quelques COUPS DE COEUR au fil des mois. Bonne lecture !
Photo: Ian Partridge

L’autrice Mireille Messier
est primée dans sa langue seconde

Quand on est bilingue et qu’on écrit pour un jeune public,
le choix de la langue peut être dicté par l’éditeur potentiel
ou encore par la personne qui illustrera le livre.
Le cas de l’autrice franco-ontarienne Mireille Messier
est un bel exemple.

Elle recevra en mai le très convoité Christopher Book Award pour Sergeant
Billy - The True Story of the Goat Who Went to War
(Tundra Books). Ce prix international récompense un produit médiatique «affirmant les plus hautes valeurs de l’esprit humain». COVID-19 oblige, elle recevra son prix virtuellement.
Un autre album, The Branch (Kids Can Press), avait été finaliste des Prix du Gouverneur général dans la catégorie «littérature jeunesse de langue anglaise - illustration» en 2016. C’était la première fois qu’une Franco-Ontarienne se distinguait dans sa la langue seconde au niveau national.
Mireille Messier, 49 ans, a grandi à Ottawa et vit à Toronto depuis 1995.
Ses premiers pas en littérature jeunesse remonte à 1999. Depuis, elle a publié quelque vingt-cinq albums, romans et documentaires, dont une demi-douzaine parue également en langue anglaise.
«J’ai une confession à faire; j’ai souvent été finaliste à des prix littéraires,
mais n’en ai jamais remporté un. Pas de problème, être en lice demeure
un honneur. Cette fois-ci, je suis ravie d’être lauréate avec Sergeant Billy.» L’ouvrage est paru en français au début de 2020 sous le titre Sergent Billy:
la vraie histoire du chevreau devenu soldat
(L’Isatis).
ENCOURAGÉE PAR SES PAIRS
C’est en échangeant avec d’autres personnes qui écrivaient pour les jeunes, mais en langue anglaise, que Mireille a commencé à traduire quelques textes pour obtenir leur feedback. Elles l’ont encouragée à soumettre son manuscrit à leur maison d’édition. «J’ai découvert que les avances et le tirage étaient plus élevés que du côté francophone. De plus, il y avait une plus grande possibilité d’être traduite en langues étrangères.»
Aujourd’hui, l’autrice bilingue choisit la langue d’écriture en fonction de
l’éditeur le plus susceptible d’accepter son manuscrit. Il arrive parfois que
ce soit la langue de l’illustrateur ou illustratrice qui dicte celle de l’écriture.
TRADUCTION EN LANGUES ÉTRANGÈRES
Mireille Messier est l’autrice franco-ontarienne traduite dans le plus grand nombre de langues étrangères, soit sept, bientôt neuf. Ma branche préférée (Scholastic), version française de The Branch, a été traduit en slovène, néerlandais, coréen et chinois. Luca: pirate-chevalier-archéologue-joueur
de hockey
(Scholastic) est disponible en arabe et chinois, tandis que Tellement sauvage (D’Eux) est lu en italien et en allemand.
Comme les Éditions de l’Isatis ont des liens étroits avec le marché chinois,
Une bestiole à l’école et À qui le coco? ont paru en mandarin simplifié.
«Dans le cas de La magie de Casse-Noisette (Scholastic), nous sommes présentement en pourparlers pour l’achat des droits en espagnol et en japonais.»
Dans l’univers du livre pour jeune public, les illustrations aident à rendre l’ouvrage universel. «Si le livre est écrit dans la langue première de l’enfant, c’est évidemment un plus, note Mireille. Après une présentation dans une bibliothèque scolaire d’Ottawa, j’ai rencontré un élève qui parlait l’arabe.
Le lendemain je lui ai apporté Luca: pirate-chevalier-archéologue-joueur
de hockey
traduit dans sa langue. Il était deux fois plus heureux.»
Mireille Messier est connue pour ses nombreux ateliers dans les écoles, mais
le confinement change les règles de jeu. «J’offre dorénavant des visites virtuelles à prix réduit. Grâce à la magie de Hangout, Skype ou Zoom, je peux m’entretenir en direct avec les élèves, leur parler de mon métier, expliquer comment
je trouve mon inspiration et dévoiler les rouages de la création d’une histoire.»

Recueil de textes homoérotiques

On entend souvent dire que les hommes lisent peu,
voire presque pas. Dans le cas des hommes gais, cette assertion
est fausse. Ils lisent énormément lorsqu’ils se sentent interpellés.
Les textes homoérotiques sont très populaires sur des sites comme Gay Demon (40 à 50 000 visiteurs par jour). J’en sais quelque
chose puisque j’y ai publié 49 nouvelles pornographiques
en moins d’un an.

Je blague souvent en disant que je parle de culture dans ma langue première
et de cul dans ma langue seconde. Il n’a pas été facile de trouver une maison d’édition. J’ai dû avoir recours à l’autoédition avec la firme américaine iUniverse; 36 textes ont été regroupés sous le titre Man-to-Man Pleasure. Ils sont répartis dans les six rubriques suivantes : First time and Coming Out, Interracial, Daddies, Russian & Ukrainian File, American File, Bondage and Group Sex.
Chaque court scénario décrit des ébats homosexuels, de la sodomie à l’anulingus en passant par la fellation, bien entendu. La position Top ou Bottom et le port
du jean serré, du jockstrap ou du cuir occupent une place de choix. Comme
les rubriques l’indiquent, les mises en scène sont variées, tout comme les lieux d’action. Outre les États-Unis, la Russie et l’Ukraine, le lecteur voyage aussi
au Canada et en Côte d’Ivoire.
Je ne me fais pas d’illusion; Man-to-Man Pleasure sera vite classé dans
la littérature pornographique. On y trouve cependant de nombreuses références mythologiques, artistiques et littéraires. Sans trop de surprises, Narcisse cherche à faire l’amour avec son semblable et Tom of Finland se glisse entre les lignes.
Il y est aussi questions de la création des artistes japonais Ben Kimura
et Gengoroh Tagame. Puis la chanson Harmony d’Elton John est paraphrasée.
Une nouvelle met en scène plusieurs dieux de l’antiquité grecque ou romaine. 
Ils portent des jockstraps aux couleurs de l’arc-en-ciel. Du côté littéraire,
un personnage rappelle le nom donné au membre viril par Ronsard, Musset
ou Zola, alors qu’un autre discute de Confession of a Mask de Mishima.
J’ai même glissé le titre de trois de mes propres ouvrages : Homoportrait, Homosecret et Le Mal aimé.
Sur le plan artistique, la sculpture L’Âge d’airain d’Auguste Rodin attire évidemment les regards et on peut lire que le sculpteur a été inspiré par L’Esclave mourant de Michel-Ange au Louvre. Une nouvelle dont l’action
se déroule en partie à L’Ermitage de Saint-Pétersbourg s’arrête à des portraits d’hommes peints par Rembrandt, Kruger et Picasso.
Quelques textes sont émaillés de mots étrangers en latin, français, russe
et ukrainien. Il y a même le joual bizoune pour pénis.
Le livre, en formats papier et électronique, est disponible à l'adresse suivante : https://www.iuniverse.com/en/bookstore/bookdetails/802978-man-to-man-pleasure