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Photo : Nancy Vickers

MENU DES TITRES RECENSÉS
DEPUIS SEPTEMBRE 2018

A Distinct Alien Race: The Untold Story of Franco-Americans. Industrialization, Immigration, Religious Strife, essai de David Vermette : 10 décembre 2019
Bernard Aimé Poulin, un portrait – a portrait, album bilinguede Benoît Cazabon : 13 octobre 2019
Ceci est mon corps, récit auto-biographique de Michael V. Smith : 6 octobre 2019
Cette blessure est un territoire, textes poétiques de Billy-Ray Belcourt : premier octobre 2019
Crevaison en corbillard, nouvelles de Paul Ruban : 22 novembre 2019
Dérives américaines, nouvelles
de Hugues Corriveau : 4 novembre 2019
Deux poids deux langues - Brève histoire de la dualité linguistique au Canada, essai de Serge Dupuis : 2 octobre 2019
Escales parisiennes, roman de Denis-Martin Chabot : 8 décembre 2019
Freux, roman de Pierre Ouellet :
3 octobre 2019
L’Abécédaire de Théo – les métiers, album de Julia Gagnon :
24 novembre 2019
L’Amérique fantôme : les aventu-riers francophones du Nouveau Monde, essai de Gilles Havard :
15 octobre 2019
La dalle des morts, roman de Daniel Lessard : 14 octobre 2019
La maison aux lilas, nouvelles
de Maurice Henrie : 3 novembre 2019
La Tentation du pardon, roman
de Donna Leon : 5 novembre 2019
Le vieil homme sans voix, roman de Dédier Leclair : 9 décembre 2019
On tue…, roman de Jean-Jacques Pelletier : 23 novembre 2019
Premier quart, poèmes de Véronique Sylvain : 5 octobre 2019
Sais-tu pourquoi? L’encyclopédie de la Terre, album de Dennie
Devin : 4 octobre 2019
Le Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry, publié en 1943, a été vendu à plus de 145 millions d'exemplaires et traduit en 253 langues.

Coquineries livresques

On dit souvent que les gars lisent moins que les filles. J’ai la preuve
que les hommes fréquentent gaiement les bibliothèques.
C’est l’artiste russe Igor Sychev, maître du réalisme magique,
qui l’illustre dans « Forgotten
Pages Were Like Clothes » :

Bienvenue sur le site jaipourmonlire.ca !

Vous y trouverez surtout des recensions de livres franco-canadiens, québécois
et français, parfois des traductions d'ouvrages américains, britanniques., suédois ou iuslandais. À moins d'indication contraire, les articles sont rédigés par
le critique littéraire Paul-François Sylvestre (photo ci-contre).
La vingtaine de titres recensés depuis le début octobre 2019 figurent dans
l
a colonne de gauche; ils sont présentés en ordre alphabétique, avec la date
de publication.
Sur la page J'AI LU POUR VOUS, les recensions apparaissent
de la plus récente jusqu'à la plus ancienne mise en ligne. La troisième page présente quelques COUPS DE COEUR au fil des mois. Bonne lecture !

COUP DE COEUR DE NOVEMBRE 2019

Maurice Henrie 
La maison aux lilas
Presses de l'Université d'Ottawa

Maurice Henrie nous offre vingt-sept nouvelles
où il brouille les frontières entre la fiction et son propre vécu.
Le nouvellier est au summum de son art.
Voir recension du 3 novembre 2019.

Maurice Henrie et l’impact d’un écrivain

L’écrivain franco-ontarien Maurice Henrie publie des nouvelles, romans, essais et carnets de réflexion depuis au moins trente ans.
Il est le premier à s’étonner de l’impact que ses écrits ont eu
dans des sphères aussi différentes que le milieu agricole
de l’Est ontarien, les médias anglophones de l’Ouest canadien
et le secteur de l’éducation.

Le premier ouvrage de Maurice Henrie est La Chambre à mourir (L’instant
même, 1988), un recueil de nouvelles où il décrit son enfance dans le comté
de Prescott et peint le portrait d’une communauté rurale en voie de disparition. « J’ai touché une corde sensible car les gens de l’Est ontarien se reconnaissaient dans les personnages et les situations d’une époque pas si lointaine. »
C’est cependant avec La Vie secrète des grands bureaucrates (Asticou, 1989), traduit sous le titre The Mandarin Syndrome (Presses de l’Université d’Ottawa, 1990), que Maurice Henrie découvre l’impact social qu’un écrivain peut avoir. L’ouvrage obtient un vif succès auprès des médias de l’Ouest canadien,
qui y voit une arme dans leur lutte anti-fédéraliste.
Comme la nouvelle est un genre bref, les ministères de l’Éducation de l’Ontario et du Manitoba ont utilisé des textes de Maurice Henrie dans leurs tests d’aptitude et programmes pédagogiques. Certains de ses recueils ont servi
dans les écoles secondaires canadiennes, à l’Université du Québec à Montréal
et à l’Université d’Ottawa. On les a enseignés aux universités de Monterey (Californie), de Padoue et de Bologne (Italie) et de Heidelberg (Allemagne).
De plus, la création littéraire de Maurice Henrie a fait l’objet de deux thèses soutenues aux Universités d’Ottawa et de Waterloo. Caroline G. Boudreau
a décrit l’évolution de la nouvelle franco-ontarienne depuis 1970 à travers
la réception critique de l’œuvre de Maurice Henrie; Elizabeth Anne Dirks s’est penchée sur l’intériorité des personnages dans les nouvelles de Maurice Henrie.
Il n’y a pas de doute que l’écrivain franco-ontarien de 83 ans a eu un impact auprès des lecteurs, des médias, des étudiants et des chercheurs. Maurice
Henrie admet néanmoins que ses ouvrages visent plus souvent qu’autrement
un lectorat averti. Ses plus récentes publications sont d’ailleurs des carnets
de réflexions et de courts essais, notamment Le Poids du temps et Donc, je suis (Presses de l’Université d’Ottawa, 2018).
L’auteur déplore que des profs payés 100 000 $ et plus par année photocopient les textes d’écrivains qui, eux, reçoivent tout au plus quelques centaines de dollars en retour. « Les écrivains font un métier ingrat. Les plus petits comme les meilleurs d’entre eux sont réduits à une forme de mendicité humiliante,
que l’on dissimule habilement en l’appelant Programme de subventions aux Arts. Ce régime fait que, chaque année, les écrivains doivent humblement quémander, auprès des différents paliers de gouvernement, de quoi subsister et continuer
à produire. »
Selon Maurice Henrie, les clients canadiens-français sont composés à 80 %
de femmes, qui achètent souvent des livres pour leurs enfants; la littérature jeunesse se porte bien, reconnaît-il. C’est peut-être là que l’écrivain a un plus grand impact.

Du roman historique
à la nouvelle homoérotique

Après le roman et l’essai historiques en français, voilà que
la prose homoérotique en anglais attire gaiement l’écrivain
Paul-François Sylvestre «Dans ma langue maternelle,
je célèbre la francophonie ontarienne, mais dans ma langue
seconde je fouine en bas de la ceinture, ha, ha.»

Ses textes homoérotiques, pour ne pas dire pornographiques, sont publiés sur
le site suédois Gay Demon qui a été créé exactement vingt ans passés. Ce site
de langue anglaise se targue d’offrir «a reliable and honest guide to the best
gay porn on the net».
«C’est en naviguant sur des sites de rencontres comme Silver Daddies et Men Nation que j’ai commencé à correspondre avec des gays de l’étranger, voire
à entretenir des échanges épistolaires soutenus et finalement à écrire des nouvelles érotiques pour certains de mes correspondants.»
Après en avoir rédigées cinq ou six, M. Sylvestre a cherché un éventuel éditeur
et a trouvé Gay Demon qui avait déjà publié plus de «16 000 porn texts and
sex tales» en vingt ans. Ce site offre aussi une pléiade de galeries incluant
des photos et des vidéos XXX.
On y trouve même un dictionnaire d’environ 500 mots à connotations sexuelles. Cela va de autofellatio à zipper sex en passant par bondage, double penetration, golden shower, peepshow et vanilla sex.
«J’ai eu plusieurs correspondants de la Russie, qui ont souvent l’art de tomber amoureux de vous après à peine trois ou quatre courriels. L’un d’eux m’a
envoyé un poème d’amour le jour de la Saint-Valentin! Du bon matériel pour une nouvelle et – qui sait? – peut-être pour un roman.»
M. Sylvestre a aussi eu des correspondants aux États-Unis, en Angleterre,
en Belgique, en Finlande, en Turquie, en Côte d’Ivoire, en Chine, au Bangladesh
et en Iran. Ils ont presque tous fourni des situations ou fantasmes qui ont étoffé
ses récits pour Gay Demon.
«Mon premier texte publié sur ce site le 18 avril s’intitule On the Bicycle Path
et s’inspire, entre autres, d’une photo de mon correspondant et cycliste athlétique du Bangladesh, lequel est évidemment svelte et drapé d’un short moulant…»
Voici quelques titres des nouvelles érotiques ou pornographiques de Paul-François Sylvestre: Bounded to Please his Master, Casino Fever, On the Altar of Masculinity, Bronze Monument to Virility, The Art of Tongue Dancing, Friendly Canada-USA Relations, Two Love Birds in Orenburg (Russie).
Dans l’espace de quelques semaines seulement, certains de ces textes ont reçu entre 1 500 et 3 000 lecteurs. «Les gens peuvent voter et j’ai obtenu une moyenne qui varie entre 7,1 et 8,4 sur 10. C’est plus qu’une note de passage
pour le “baccalauréat ès pornographie”, ha, ha.»
Voir https://www.gaydemon.com/stories/authors/gay1976/