www.pfsylvestre.ca
Photo : Nancy Vickers

MENU DES TITRES RECENSÉS
DEPUIS JUILLET 2018

1000 dates incontournables
de l’histoire,
collectif :
15 septembre 2019
1000 œuvres incontournables
de la littérature
,
collectif :
16 septembre 2019
1000 œuvres et artistes incontournables des arts
et du cinéma
, collectif :
17 septembre 2019
Aventure d’un soir, nouvelles de Daniel Marchildon : 8 septembre 2019
Bernard Aimé Poulin, un portrait – a portrait, album bilinguede Benoît Cazabon : 13 octobre 2019
Ceci est mon corps, récit auto-biographique de Michael V. Smith : 6 octobre 2019
Cette blessure est un territoire, textes poétiques de Billy-Ray Belcourt : premier octobre 2019
Deux poids deux langues - Brève histoire de la dualité linguistique au Canada, essai de Serge Dupuis : 2 octobre 2019
Entre ici et là-bas, roman de Michèle Matteau : 7 septembre 2019 
Freux, roman de Pierre Ouellet :
3 octobre 2019
L’Amérique fantôme : les aventu-riers francophones du Nouveau Monde, essai de Gilles Havard :
15 octobre 2019
L’Attaque de la noirceur, album de May Sansregret : 2 avril 2018
La dalle des morts, roman de Daniel Lessard : 14 octobre 2019
Le Caire, toile de fond, roman de Parker Bilal : 4 avril 2018
Les animots de A à Z, album
de Sylvain Rivière : 3 mai 2019
Moi, Sam, elle, Janis, roman de Jean Boisjoli : 9 septembre 2019
Premier quart, poèmes de Véronique Sylvain : 5 octobre 2019
Sais-tu pourquoi? L’encyclopédie de la Terre, album de Dennie
Devin : 4 octobre 2019
Un petit carnet rouge, roman de Sofia Lundberg : 28 juillet 2018
Le Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry, publié en 1943, a été vendu à plus de 145 millions d'exemplaires et traduit en 253 langues.

Coquineries livresques

On dit souvent que les gars lisent moins que les filles. J’ai la preuve
que les hommes fréquentent gaiement les bibliothèques.
C’est l’artiste russe Igor Sychev, maître du réalisme magique,
qui l’illustre dans « Forgotten
Pages Were Like Clothes » :

Le Rouge et le Noir

Stendhal, de son vrai nom Henri Beyle (1783-1842), est entre autres connu pour son roman Le Rouge
et le Noir
(1830) où il campe le personnage de Julien Sorel, jeune homme aux aspirations de vitalité et de force. Si l’auteur avait vu la photo ci-dessous, peut-être que Julien aurait draguer des garçons, lol. Sûrement pas sous la plus de ce contemporain de Balzac et Flaubert. On peut quand même rêver, ça ne coûte pas cher. Voilà
ce que j’ai affiché sur un site Facebook consacré au plaisir visuel des rencontres homme-à-homme!

Bienvenue sur le site jaipourmonlire.ca !

Vous y trouverez surtout des recensions de livres franco-canadiens, québécois
et français, parfois des traductions d'ouvrages américains, britanniques., suédois ou iuslandais. À moins d'indication contraire, les articles sont rédigés par
le critique littéraire Paul-François Sylvestre (photo ci-contre).
La vingtaine de titres recensés depuis le début de septembre 2019 figurent dans la colonne de gauche; ils sont présentés en ordre alphabétique, avec la date
de publication.
Sur la page J'AI LU POUR VOUS, les recensions apparaissent
de la plus récente jusqu'à la plus ancienne mise en ligne. La troisième page présente quelques COUPS DE COEUR au fil des mois. Bonne lecture !

COUP DE COEUR DE SEPTEMBRE 2019

Aristote Kavungu 
Mon père, Boudarel et moi
Éditions L'Interligne

L’être humain est-il naturellement porté à monter ses semblables
les uns contre les autres, à les manipuler, à les isoler,
voire à « tuer ses pairs par désœuvrement » ?
On pourrait le croire en lisant le roman d'un fin psychologue et sociologue.
Voir recension du 23 septembre 2019.
Peter Kupidura des Services en français de la Bibliothèque publique de Toronto, Sylvie Gervais, participante assidue de La Croisée des mots, Paul-François Sylvestre, intervieweur, et Claude Forand, auteur invité.

Claude Forand, le Louise Penny
de l’Ontario français

« Croisée des mots », série d’entrevues avec des auteurs
franco-ontariens, a entamé une nouvelle saison dans le cadre
d’un partenariat entre l’Association des auteurs et auteures
de l’Ontario français et la Bibliothèque publique de Toronto.
Le romancier et nouvelliste Claude Forand, de Toronto,
était l’invité le jeudi 19 novembre.

Traducteur agréé, Claude Forand est venu à l’écriture de romans policiers par
le biais du journalisme, métier qu’il a pratiqué pendant une vingtaine d’années, au Québec et en Ontario. Il est aujourd’hui auteur de six polars pour les jeunes, deux polars pour adultes et deux recueils de nouvelles.
À l’image de Louise Penny qui crée le personnage de l’inspecteur Armand Gamache dans le village québécois fictif de Three Pines, Claude Forand crée
son inspecteur Roméo Dubuc de la Sureté du Québec dans la bourgade (réelle) de Chesterville. Coïncidence ou non, les deux endroits sont situés dans les Cantons de l’Est.
Le personnage de Dubuc apparaît dans le tout premier polar de Forand, mais l’auteur ne prévoyait pas en faire un emblème de sa production littéraire.
Cela s’est naturellement imposé. « J’ai un roman personnel qui dort dans un tiroir, mais le public s’attend à ce que le prochain livre sera une nouvelle aventure de Roméo Dubuc. Fidélité oblige. »
Claude Forand déborde le cadre policier de ses intrigues en décrivant le côté psychologique de son inspecteur. Dubuc est veuf et vit difficilement son deuil;
il a tourné le dos à l’alcool et rechute comme c’est souvent les cas. Son adjoint Lulu (Lucien Langlois) le soutient.
L’auteur a partagé une savoureuse anecdote au sujet de son polar Une moine trop bavard traduit en russe. Un ouvrier est allé faire des travaux chez lui
et lorsque Claude a appris qu’il parlait russe, il lui a demandé s’il aimait lire
des histoires policières. « Yes, I do. » L’auteur lui a dédicacé un exemplaire
en russe; l’ouvrier avait les larmes aux yeux.
Les polars de Forand s’adressent principalement à de jeunes adultes, mais cette catégorie n’existe pas en français, contrairement à l’anglais. « On me place dans la littérature jeunesse ou dans la Collection 14-18 aux Éditions David. » Cela lui a néanmoins été bénéfique puisqu’Un moine trop bavard a remporté le Prix du livre pour enfant Trillium en 2013.
La prochaine Croisée des mots aura lieu le 17 octobre, à 18 h 30, à la succursale Yorkville de la Bibliothèque publique de Toronto et l’invité sera Gabriel Osson, poète, romancier et président de l’Association des auteurs et auteures de l’Ontario français.
Peter Kupidura, spécialiste des services en français à la Bibliothèque publique de Toronto, Paul-François Sylvestre et l’animateur Anlon To de CHOQ-FM. Photo : Sylvie Gervais.

« Je ne peux pas cacher
la moitié de mon identité. »

En tant que doublement minoritaire, francophone et homosexuel, notre collaborateur Paul-François Sylvestre affirme qu’il ne pouvait pas cacher la moitié de son identité dans ses écrits.
« Je suis fier de qui je suis à 100% ! »

L’Association des auteurs de l’Ontario français et la Bibliothèque publique de Toronto ont invité monsieur Sylvestre pour la dernière rencontre Croisée des mots de la saison; elle a eu lieu à la succursale Yorkville, le jeudi 13 juin, juste au début de festivités de Gay Pride.
Anlon To, éditorialiste web à CHOQ-FM, animait cet entretien et a cherché
à connaître divers facteurs qui ont incité Paul-François Sylvestre à écrire,
entre autres, des romans. La lecture de La Quête d’Alexandre, de Hélène Brodeur, a joué un rôle clef.
« Dans mes lectures, l’action se déroulait toujours en France ou au Québec,
Or, voici que Brodeur me plonge dans le Nord de l’Ontario lors des incendies dévastateurs. Je me suis immédiatement dit que si une intrigue pouvait se dérouler dans le Nord, elle pouvait tout aussi bien s’ancrer dans le Sud, d’où
mon roman sur la contrebande durant les années de la prohibition de l’alcool : Des œufs frappés… (Prise de parole, 1986).
L’animateur Anlon To a demandé à son invité de résumer le filon de son écriture en tant qu’essayiste, romancier, nouvelliste et plus rarement poète. « C’est un double filon qui respecte ma double identité. Mes ouvrages ont tantôt un contenu franco-ontarien, tantôt un contenu gay, parfois un mélange des deux. »
Il a expliqué, par exemple, que le personnage principal de 69, rue de la Luxure (Gref, 2003) est un Franco-Torontois qui rencontre un Québécois dans le Gay Village pour une série d’aventures assez salées, au point où Pierre Léon avait qualifié le roman de pornographique dans sa critique pour L’Express.
Durant l’entrevue, Paul-François (Paul dans sa famille) a souligné que
son éducation à l’Université d’Ottawa, contrairement à celle de ses sœurs à University of Windsor, lui a inculqué une culture francophone et non bilingue, voire anglophone, comme c’est le cas pour ses trois sœurs.
« Moi, j’attends de lire Louise Penny en traduction alors que ma sœur aînée Fernande découvre la dernière enquête d’Armand Gamache un an avant moi
en version originale anglaise. Elle ne lit jamais un roman en français. » Même famille, culture différente.
Une personne du public a cherché à savoir si l’invité travaillait présentement
à un nouveau roman. L’œuvre en cours de Sylvestre campe un septuagénaire (!) qui s’est inscrit à une agence de rencontre en ligne et qui découvre que des milliers d’hommes dans la trentaine ou quarantaine cherche une âme-frère
de 50, 60 ou 70 ans et plus.
« J’ai eu des correspondants russes qui devenaient follement amoureux après seulement trois courriels. L’un d’eux m’a envoyé un poème à la Saint-Valentin. Un Iranien m’a supplié de le marier, un Ivoirien est suspendu à mes lèvres…
De quoi enrichir plus d’un chapitre! »
La série Croisée des mots est une initiative du Torontois Gabriel Osson, président de l’Association des auteures et auteurs de l’Ontario français. Elle devrait reprendre à l’automne prochain, toujours en partenariat avec la Bibliothèque publique de Toronto.

Du roman historique
à la nouvelle homoérotique

Après le roman et l’essai historiques en français, voilà que
la prose homoérotique en anglais attire gaiement l’écrivain
Paul-François Sylvestre «Dans ma langue maternelle,
je célèbre la francophonie ontarienne, mais dans ma langue
seconde je fouine en bas de la ceinture, ha, ha.»

Ses textes homoérotiques, pour ne pas dire pornographiques, sont publiés sur
le site suédois Gay Demon qui a été créé exactement vingt ans passés. Ce site
de langue anglaise se targue d’offrir «a reliable and honest guide to the best
gay porn on the net».
«C’est en naviguant sur des sites de rencontres comme Silver Daddies et Men Nation que j’ai commencé à correspondre avec des gays de l’étranger, voire
à entretenir des échanges épistolaires soutenus et finalement à écrire des nouvelles érotiques pour certains de mes correspondants.»
Après en avoir rédigées cinq ou six, M. Sylvestre a cherché un éventuel éditeur
et a trouvé Gay Demon qui avait déjà publié plus de «16 000 porn texts and
sex tales» en vingt ans. Ce site offre aussi une pléiade de galeries incluant
des photos et des vidéos XXX.
On y trouve même un dictionnaire d’environ 500 mots à connotations sexuelles. Cela va de autofellatio à zipper sex en passant par bondage, double penetration, golden shower, peepshow et vanilla sex.
«J’ai eu plusieurs correspondants de la Russie, qui ont souvent l’art de tomber amoureux de vous après à peine trois ou quatre courriels. L’un d’eux m’a
envoyé un poème d’amour le jour de la Saint-Valentin! Du bon matériel pour une nouvelle et – qui sait? – peut-être pour un roman.»
M. Sylvestre a aussi eu des correspondants aux États-Unis, en Angleterre,
en Belgique, en Finlande, en Turquie, en Côte d’Ivoire, en Chine, au Bangladesh
et en Iran. Ils ont presque tous fourni des situations ou fantasmes qui ont étoffé
ses récits pour Gay Demon.
«Mon premier texte publié sur ce site le 18 avril s’intitule On the Bicycle Path
et s’inspire, entre autres, d’une photo de mon correspondant et cycliste athlétique du Bangladesh, lequel est évidemment svelte et drapé d’un short moulant…»
Voici quelques titres des nouvelles érotiques ou pornographiques de Paul-François Sylvestre: Bounded to Please his Master, Casino Fever, On the Altar of Masculinity, Bronze Monument to Virility, The Art of Tongue Dancing, Friendly Canada-USA Relations, Two Love Birds in Orenburg (Russie).
Dans l’espace de quelques semaines seulement, certains de ces textes ont reçu entre 1 500 et 3 000 lecteurs. «Les gens peuvent voter et j’ai obtenu une moyenne qui varie entre 7,1 et 8,4 sur 10. C’est plus qu’une note de passage
pour le “baccalauréat ès pornographie”, ha, ha.»
Voir https://www.gaydemon.com/stories/authors/gay1976/